La reconversion professionnelle vers le métier de psychomotricien représente une transition ambitieuse mais accessible pour ceux qui aspirent à accompagner les personnes en difficulté motrice, comportementale ou de perception. Cette profession, qui coordonne harmonieusement le corps et l'esprit, attire de plus en plus d'adultes souhaitant donner un nouveau sens à leur carrière. Avec plus de 15 377 psychomotriciens recensés en France au 1er janvier 2021, dont une majorité de femmes et un âge moyen de 41 ans, le secteur témoigne d'un dynamisme et d'une ouverture à la diversité des parcours professionnels.
Les prérequis et le parcours de formation pour accéder au métier de psychomotricien
Devenir psychomotricien nécessite avant tout l'obtention d'un Diplôme d'État de psychomotricien, qui se prépare en trois ans au sein d'établissements spécialisés. Ce professionnel de santé intervient sur prescription médicale pour évaluer les capacités psychomotrices, rechercher l'origine des problèmes et proposer une rééducation adaptée par une thérapie corporelle. Il travaille auprès d'enfants, de personnes âgées et d'adultes handicapés, dans des structures variées comme les hôpitaux, cliniques, centres médico-psychologiques ou maisons de retraite. Les qualités requises pour exercer ce métier sont nombreuses : sens relationnel, empathie, patience, écoute, pédagogie et sens de l'observation constituent le socle indispensable pour accompagner efficacement les patients.
Les conditions d'admission en institut de formation et la validation du concours d'entrée
L'accès à la formation en psychomotricité s'effectue principalement après l'obtention du baccalauréat ou une première année d'études supérieures dans des domaines connexes tels que STAPS ou sciences de la vie. La procédure d'inscription passe désormais par Parcoursup, avec un calendrier précis à respecter. L'ouverture du site d'information débute le 17 décembre 2025, suivie de la période d'inscription à partir du 19 janvier 2026. Les candidats peuvent formuler leurs vœux jusqu'au 12 mars 2026 et doivent finaliser leur dossier avant le 1er avril 2026. La phase de réponse des établissements s'étend du 2 juin au 11 juillet 2026. Il n'y a pas de présélection sur dossier pour l'entretien de motivation, ce qui signifie que la motivation compte davantage que les notes académiques. Les candidats sont évalués lors d'un entretien qui se déroule en avril 2026 dans plusieurs villes comme Paris, Marseille, Vichy, Metz, Nantes et Lyon.
Le Diplôme d'État de psychomotricien : contenu du cursus et durée de la formation
La formation au Diplôme d'État de psychomotricien s'étale sur trois années d'études intensives dans l'un des huit établissements agréés en France, qu'ils soient publics comme les universités et les Instituts de Formation en Psychomotricité, ou privés comme l'Institut Supérieur de Rééducation Psychomotrice. Le cursus combine enseignements théoriques en psychologie, neurologie, connaissance du corps humain et mouvements corporels avec des périodes de stages pratiques permettant de se familiariser avec les différentes populations et pathologies. Les frais de scolarité varient considérablement selon les établissements, oscillant entre 1 000 euros et 7 700 euros par an. Certains diplômes offrent des possibilités d'équivalence permettant d'accéder directement en deuxième année : c'est le cas pour les titulaires d'un premier cycle d'études médicales, d'une licence en biologie, STAPS ou psychologie, ou encore pour les ergothérapeutes et infirmiers diplômés. Les candidats en équivalence doivent toutefois réussir les examens de passage de première en deuxième année et peuvent, s'ils le souhaitent, suivre les cours de première année en candidat libre pour optimiser leurs chances de réussite.
Financer sa reconversion professionnelle vers la psychomotricité
L'un des principaux défis d'une reconversion professionnelle vers la psychomotricité réside dans le financement de la formation. Avec des frais pouvant atteindre plusieurs milliers d'euros par an sur trois années, il est essentiel d'identifier les dispositifs de soutien financier disponibles pour les adultes en transition professionnelle. Cette anticipation budgétaire constitue une étape déterminante pour mener à bien son projet de reconversion sans compromettre sa stabilité financière.

Les dispositifs de financement disponibles pour les adultes en reconversion
Le Compte Personnel de Formation constitue la première source de financement à envisager pour financer sa formation de psychomotricien. Ce dispositif permet d'utiliser les droits accumulés tout au long de sa carrière professionnelle pour financer tout ou partie de la formation. Pour les projets de reconversion nécessitant un financement plus conséquent, le CPF de transition professionnelle offre une solution complémentaire, sous réserve d'obtenir l'accord de son employeur. Ce dispositif permet de maintenir une partie de sa rémunération pendant la durée de la formation. Les demandeurs d'emploi peuvent quant à eux solliciter l'Aide Individuelle à la Formation proposée par Pôle Emploi, qui analyse chaque situation individuellement pour déterminer le montant de l'aide accordée. Certains établissements proposent également des bourses d'études sur critères sociaux ou d'excellence, qu'il convient d'examiner attentivement lors du choix de son institut de formation. Un bilan de compétences, lui aussi finançable par le CPF, peut s'avérer précieux pour évaluer la pertinence de son projet de reconversion et identifier les compétences transférables de son parcours antérieur.
Concilier formation et vie professionnelle : aménagements et solutions pratiques
La formation de psychomotricien s'étendant sur trois années complètes, la question de la conciliation entre études et obligations personnelles se pose avec acuité pour les adultes en reconversion. Contrairement aux étudiants en formation initiale, ces derniers doivent souvent composer avec des responsabilités familiales et financières qui nécessitent des aménagements particuliers. Certains établissements proposent des formules adaptées aux professionnels en reconversion, avec des horaires aménagés ou des parcours permettant d'étaler la formation sur une durée plus longue. Les candidats peuvent également opter pour une formation en alternance lorsque cela est possible, combinant périodes en centre de formation et expérience professionnelle rémunérée dans des structures d'accueil. Cette approche présente le double avantage de maintenir une source de revenus tout en acquérant progressivement l'expérience pratique indispensable à l'exercice du métier. Pour ceux qui exercent déjà dans le secteur paramédical ou social, les équivalences permettent parfois de raccourcir le parcours de formation en intégrant directement la deuxième année, réduisant ainsi la durée totale de la reconversion.
S'intégrer dans le secteur et développer sa pratique de psychomotricien
Une fois le Diplôme d'État obtenu, le psychomotricien fraîchement diplômé découvre un secteur offrant diverses opportunités d'exercice et de développement professionnel. L'insertion dans ce métier exige non seulement des compétences techniques solides, mais également une capacité à construire progressivement sa légitimité professionnelle et à identifier les modalités d'exercice correspondant le mieux à ses aspirations personnelles.
Les débouchés professionnels et les différents modes d'exercice du métier
Le psychomotricien peut choisir entre deux grandes modalités d'exercice : le salariat dans des structures publiques ou privées, ou l'exercice en libéral dans un cabinet privé. En tant que salarié, il trouve sa place dans des hôpitaux, cliniques, centres de rééducation, maisons de retraite, crèches ou centres médico-psychologiques. Dans ces structures, le salaire d'un psychomotricien débutant se situe généralement entre 1 700 et 1 900 euros brut par mois, pouvant progresser jusqu'à environ 2 700 à 2 800 euros en fin de carrière. L'exercice en libéral offre une autonomie plus grande et des revenus potentiellement supérieurs, avec un revenu mensuel pouvant osciller entre 2 200 et 3 000 euros. Les honoraires pratiqués varient habituellement entre 40 et 50 euros par séance, bien que ces consultations ne soient pas systématiquement remboursées par la Sécurité sociale. Ce mode d'exercice implique néanmoins de constituer progressivement sa patientèle et d'assumer les charges liées à la gestion d'une activité indépendante. Après trois années d'expérience, des perspectives d'évolution s'ouvrent vers des postes à responsabilité, notamment en devenant formateur ou chef de rééducation psychomotrice.
Construire son réseau professionnel et se spécialiser dans un domaine d'intervention
La construction d'un réseau professionnel solide constitue un atout majeur pour développer sa pratique de psychomotricien et accéder à des opportunités d'évolution. Les relations avec les médecins prescripteurs, les autres professionnels paramédicaux comme les kinésithérapeutes et ergothérapeutes, ainsi qu'avec les structures de soins, facilitent l'orientation des patients et enrichissent la qualité des prises en charge. La spécialisation dans un domaine d'intervention particulier permet également de se démarquer et de développer une expertise reconnue. Les psychomotriciens peuvent ainsi choisir de se concentrer sur la petite enfance, la gériatrie ou l'autisme, chacun de ces domaines présentant des spécificités techniques et relationnelles propres. Après cinq années d'expérience, il devient possible d'accéder à des fonctions d'encadrement en devenant cadre de santé ou chef de service, ouvrant ainsi la voie à des responsabilités managériales et organisationnelles. D'autres optent pour la transmission de leur savoir en devenant formateurs dans les instituts de formation, contribuant ainsi à la formation de la nouvelle génération de psychomotriciens. Cette diversité de parcours témoigne de la richesse d'un métier où la dimension humaine, l'empathie, la patience et le sens de l'observation demeurent au cœur de la pratique quotidienne, quel que soit le mode d'exercice choisi.



